Les 3 leviers qui façonneront l’usine agro de 2030

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L'actu des IAA
11 juillet 2019 à 11:48

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MyCfia


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Dans notre mission de pôle de compétitivité, nous sommes régulièrement amenés à nous questionner et nous projeter sur ce que seront les grandes évolutions des filières économiques que nous accompagnons. Concernant le secteur agroalimentaire, je préfère utiliser le terme de révolution à celui d’évolution tant les changements sont profonds, parfois radicaux… au motif de devoir répondre à un besoin primaire et vital pour l’homme qui est celui de se nourrir.

J’observe que 3 leviers majeurs viennent conditionner durablement la modernisation des usines agroalimentaires

Le premier levier est celui de l’évolution de notre rapport au temps. Celui-ci s’est profondément modifié par l’apport et la démocratisation de nouvelles technologies numériques lors des vingt dernières années.

La réussite des entreprises agroalimentaires reposent aujourd’hui sur leur capacité à préparer une commande dans des délais extrêmement courts, tout en assurant une parfaite traçabilité de montagnes informations (est-ce bien nécessaire parfois ?) et une optimisation des ressources à mobiliser : ressources humaines, machines, matières premières, consommables, … L’injonction du tout, tout de suite, tout le temps et partout a encore de beaux jours devant lui ! Pour cette raison, le modèle de l’usine temps réel prédominant aujourd’hui laissera la place à l’usine prédictive.

L’intelligence artificielle, la meilleure intégration des informations sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, le traitement massif des données, la conception de lignes de production sur roulettes, … orienteront la construction de nos nouvelles usines agroalimentaires.

Le second levier réside dans la construction de rapports nouveaux entre les hommes et les machines. De toute évidence ils seront marqués du sceau de la collaboration. Pour faire face à un double défi qui est celui de l’attractivité de ses métiers et d’autre part de réduction de leurs pénibilité / dangerosité, l’agroalimentaire n’a d’autre choix que d’avoir recours à la robotisation / cobotisation de ses usines.

En l’espace de 5 ans, les évolutions technologiques ont été telles dans ces domaines que les investissements se sont largement diffusés dans les ateliers. Gageons que de nouveaux verrous / barrières technologiques soient levées dans la nouvelle décennie.

La cobotique / les nouvelles interfaces hommes-machines peuvent donc devenir un formidable levier au service de la production d’une offre alimentaire hypersegmentée en France, et ainsi offrir de nouveaux leviers de productivité et de compétitivité pour nos entreprises.

Le passage d’une économie linéaire à une économie circulaire est le 3e levier qui façonnera nos usines agroalimentaires de 2030. L’économie circulaire vise à réduire la consommation de matières premières en passant du modèle de production et de consommation linéaire, consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter, à un modèle circulaire.

Cette évolution place différemment l’usine agroalimentaire, positionnée historiquement entre des producteurs (notamment de biens agricoles) et des distributeurs – clients.

Elle amène à repenser sa présence dans un écosystème plus complexe composé d’acteurs publics, de citoyens, de nouveaux interlocuteurs économiques,… Repenser ces interactions conduirait à une logique d’usine ouverte, laquelle devra aussi renforcer la protection de ses données (Cybersécurité).

A propos de Valorial :

Véritable agitateur de l’innovation agroalimentaire, Valorial est depuis 2006 un observateur avisé de ces transitions à l’œuvre dans les IAA.

Le plateau " L’Usine Agro du Futur " au Cfia,  co-organisé avec Bretagne Développement Innovation, GL Events et de nombreux partenaires depuis 8 ans en est un très bel exemple. C’est devenu LA " vitrine innovation " et l’animation phare du salon.

Chaque année, l’Usine Agro du Futur c’est une thématique et un enjeu passé au prisme de l’innovation, avec de nouvelles ambitions affichées lors de l’édition 2019 dédiée à " l’usine agile " : 460m2, un show room de démos, dont une ligne de production agile de 15m en fonctionnement, un Village Food Tech de 20 exposants, un Hub innovation d’experts-conseils pour accompagner les projets innovants, un espace networking international, des conférences, 50 entreprises, 13 partenaires… Une opération qui n’aurait pas pu voir le jour et encore moins prendre cette nouvelle dimension, sans un partenariat étroit avec les organisateurs du Cfia et le soutien de la Région Bretagne.

Dans ce rôle d’observatoire, Valorial produit également plusieurs études ciblées chaque année. Derniers exemples à souligner :

– Le Focus thématique " Boostez la performance de vos usines agroalimentaires grâce au numérique"

– Le " Baromètre de l’innovation agroalimentaire " Valorial-KPMG – 2e édition

Jean-Luc Perrot
Directeur de Valorial

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